GIP et protection sociale complémentaire : les incertitudes sont encore grandes

Il n’est pas encore ADMYS que les GIP sont inclus dans le régime de participation obligatoire au volet« santé » de la protection sociale complémentaire de leurs agents publics.  

Pour rappel, par une ordonnance n°2021-175 du 17 février 2021 relative à la protection sociale complémentaire dans la fonction publique, la participation financière des employeurs publics aux garanties santé et prévoyance a été réformée.

 

Les articles L.827-1 et suivants du code général de la fonction publique prévoient désormais une obligation de participation des employeurs publics au financement des garanties de protection sociale complémentaire sur le volet « Santé ».

 

Ces dispositions légales sont déclinées par le décret n°2022-633 du 22 avril 2022 relatif à la protection sociale complémentaire en matière de couverture des frais occasionnés par une maternité, une maladie ou un accident dans la fonction publique de l’État.

 

S’agissant des GIP, les dispositions de l’article 7 du décret n° 2013-292 du 5 avril 2013 relatif au régime de droit public applicable aux personnels des groupements d’intérêt public offrent la possibilité aux GIP, par l’intermédiaire de son assemblée générale ou de son conseil d’administration, d’instaurer un pareil dispositif au bénéfice des agents contractuels employés par le groupement :

 

« L'assemblée générale ou, le cas échéant, le conseil d'administration du groupement peut instaurer, au bénéfice des agents mentionnés au II de l'article 1er du présent décret, un dispositif de protection sociale complémentaire dans les mêmes conditions que celles définies par les dispositions du décret du 19 septembre 2007 susvisé. »

 

Toutefois, le décret n°2007-1373 du 19 septembre 2007 dont il est fait état dans l’article 7 précité a été abrogé par le décret n° 2022-633 du 22 avril 2022 relatif à la protection sociale complémentaire en matière de couverture des frais occasionnés par une maternité, une maladie ou un accident dans la fonction publique de l'État, compte tenu de la réforme en cours de la protection sociale complémentaire dans la fonction publique.

 

Celui-ci a donc remplacé le décret du 19 septembre 2007, auquel fait néanmoins toujours référence le décret du 5avril 2013 applicable aux GIP.

 

Dès lors, il existe une incertitude sur le régime juridique auquel sont soumis les GIP, dans la mesure où le décret du 5 avril 2013 n’a aucunement été mis à jour des derniers textes relatifs à la réforme de la protection sociale complémentaire, toujours encours.  

 

Néanmoins, le régime de la protection sociale complémentaire dans la fonction publique vise à unifier le régime pour tous les agents publics et à imposer à tous les employeurs publics leur participation au financement des garanties de protection sociale complémentaire volet santé.

 

Ainsi, il pouvait raisonnablement être considéré que, en toute logique, les GIP devaient être regardés comme également soumis à cette obligation, telles qu’instaurée au sein de la fonction publique de l’État, et devaient dès lors se conformer aux nouvelles dispositions légales et règlementaires relatives à la participation financière des employeurs publics aux frais engendrés par la protection sociale complémentaire de leurs agents.

 

En ce sens, pour satisfaire à cette obligation certains GIP ont manifestement décidé de mettre en place le dispositif transitoire par le décret n° 2021-1164 du 8 septembre 2021 relatif au remboursement d'une partie des cotisations de protection sociale complémentaire destinées à couvrir les frais de santé des agents civils et militaires de l'État.

 

Ce dispositif prévoit ainsi le remboursement mensuel d’une somme à hauteur de 15 euros des cotisations versées par l’agent public, sous certaines conditions.

 

Néanmoins, dans le cadre d’une communication du bureau 2FCE-2B des Opérateurs de l’État, la DGFIP a indiqué qu’il appartenait aux GIP, qui avaient, semble-t-il pour un certain nombre, instauré le dispositif transitoire, de procéder à la répétition de la somme versée à hauteur de 15 euros.

 

La DGFIP s’appuie à cet égard sur l’absence de mention des GIP, par les décrets applicables relatifs à la protection sociale complémentaire – à la fois le décret n°2022-633 du 22 avril2022 mais également le décret relatif au dispositif transitoire du 8 septembre2021. Ces derniers ne seraient donc pas soumis à l’obligation de participation au volet « santé » de la protection sociale complémentaire de leurs agents.

 

Partant, il ne peut qu’être constaté que, en l’absence de mise à jour du décret du 5 avril 2013 relatif aux GIP, ces derniers se trouvent sans dispositif clair quant à leur régime de protection sociale complémentaire.

 

Cette situation a fait l’objet d’une question ministérielle en date du 24 avril 2025, tandis que les syndicats ont indiqué, suivant la communication de la DGFIP, avoir saisi l’Union des Fédérations des Fonctions Publiques et Assimilés sur ce sujet.

Conclusion

Ce flou juridique devra être éclairci dans les meilleurs délais, afin que les GIP puissent être fixés sur le régime de protection sociale complémentaire auquel ils sont soumis.

Tous nos articles

Votre veille juridique signée ADMYS

Nous suivons de près l’actualité juridique pour vous offrir un regard clair, précis et utile sur les changements qui impactent vos activités.

Blog Image

21.04.2026

Plainte abusive d’une collectivité : le juge judiciaire reprend la main

Il est ADMYS que les conclusions indemnitaires dirigées contre une personne publique en raison du caractère prétendument abusif d’une plainte relèvent de la compétence du juge judiciaire. Cette solution s’inscrit dans une jurisprudence constante fondée sur l’indissociabilité entre l’acte de signalement et la procédure pénale.

Blog Image

27.01.2026

Zoom sur la création du statut de l'élu local

Il est ADMYS que la loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d'un statut de l'élu local marque une étape structurante dans la reconnaissance et la sécurisation de l’engagement des élus locaux.

Blog Image

15.06.2026

Élection municipale : l’inéligibilité d’un entrepreneur de services municipaux peut-elle entraîner l’annulation de l’élection du maire ?

Il est ADMYS que l’éligibilité des candidats demeure une condition essentielle de la régularité des élections municipales. Par un jugement n°2603306 (non publié) du 22 mai 2026, le Tribunal administratif de Grenoble a annulé l’élection du maire de Val d’Isère après avoir constaté son inéligibilité en qualité d’entrepreneur de services municipaux.

Blog Image

20.02.2026

La fermeture administrative des lieux de culte validée mais encadrée

Il est ADMYS que, dans le cadre de la fermeture administrative temporaire des lieux de culte prévu à l’article 36-3 de la loi du 9 décembre 1905, le préfet peut prendre en compte des éléments extérieurs au lieu de culte, à condition qu’ils présentent un lien suffisant avec celui-ci et que la mesure demeure nécessaire, adaptée et proportionnée.

Blog Image

31.03.2026

Pas de lotissement opposable sans transfert de propriété ou de jouissance des lots

Il est ADMYS que le troisième alinéa de l’article R. 151-21 du Code de l’urbanisme permet d’apprécier le respect des règles du PLU à l’échelle du lot dans le cadre d’un lotissement. Toutefois, cette application est conditionnée par l’intervention préalable d’un transfert de propriété ou de jouissance d’au moins un lot.

Blog Image

31.03.2026

Rupture jurisprudentielle sur la neutralité des élus locaux

Il est ADMYS qu'une interdiction générale des signes religieux ostensibles en séance d'un conseil municipal puisse être inscrite dans le règlement intérieur du conseil. Par une ordonnance du 18 mars 2026, le juge des référés du tribunal administratif de Dijon etient une conception sensiblement plus exigeante de la laïcité que celle jusqu’ici admise.

Blog Image

09.03.2026

Phase de candidature : quand l’acheteur va trop loin, la censure est immédiate !

Il est ADMYS que l’acheteur public doit respecter strictement les règles applicables à la phase de candidature, notamment en matière de définition des conditions de sélection des candidats et de critères objectifs, sous peine d’annulation de la procédure de passation pour méconnaissance des obligations de mise en concurrence et de publicité.

Blog Image

17.10.2025

L'année 2025, comme une ère de simplification en commande publique ?

Il est ADMYS que le décret n°2024-1251 du 30 décembre 2024 portant diverses mesures de simplification du droit de la commande publique est venu concrétiser certaines attentes des acheteurs et opérateurs économiques pour une action publique plus efficace et simplifiée.

Blog Image

06.11.2025

Le bail rural des personnes publiques à l’épreuve du temps

Il est ADMYS que les personnes publiques doivent respecter le droit de priorité des « jeunes agriculteurs » lors de l’attribution des baux ruraux. La Cour administrative d’appel de Nancy dans deux décisions du 16 septembre 2025 vient de clarifier au moins partiellement le droit de priorité prévu par l’article L. 411-15 du Code rural et de la pêche maritime.

Blog Image

18.12.2025

Même en cas de modification tardive du dossier de demande de permis de construire, le silence de l’administration sur la prorogation du délai d’instruction fait naître un permis tacite

Il est ADMYS qu’en cas de modification apportée par le pétitionnaire à sa demande de permis de construire juste avant l’expiration du délai d’instruction, un permis de construire tacite naît dès l’expiration du délai notifié dès lors que l’administration ne l’informe pas de la prorogation de ce délai. Par suite, la décision ultérieure refusant d’accorder le permis doit être regardée comme un retrait de ce permis tacite.

Blog Image

05.01.2026

Le maire doit contrôler l’atteinte portée par un projet de construction aux alignements d’arbres protégés en bordure d’une voie ouverte à la circulation publique

Il est ADMYS que lorsqu’un permis de construire concerne un projet entraînant l’abattage ou l’atteinte d’arbres protégés au sens de l’ancien article L. 350-3 du Code de l’environnement, le permis de construire vaut dérogation au sens de cet article et, à ce titre, doit respecter les conditions qui y sont posées.

Vous recherchez votre partenaire juridique ?

Notre équipe est à votre écoute pour répondre à vos besoins, sécuriser vos projets et proposer un accompagnement sur mesure. Définissons ensemble vos besoins de manière efficiente et sans engagement.

Project Image