Le Conseil d'État clarifie le contrôle des accords de médiation

Cette décision apporte un cadre de contrôle clair et complet, conciliant le développement des modes amiables de règlement des différends avec les exigences de protection de l'intérêt général et des deniers publics.

La médiation administrative, dont le régime est défini aux articles L. 213-1 et suivants du code de justice administrative, permet aux parties de résoudre un différend sans attendre l'issue d'une procédure juridictionnelle. Lorsqu'elle aboutit à un accord, les parties peuvent solliciter son homologation par le juge administratif afin de lui conférer une sécurité juridique renforcée.

Jusqu'à présent, la jurisprudence administrative avait principalement défini l'office du juge en matière d'homologation des transactions conclues sur le fondement de l'article 2052 du code civil (CE, Ass., avis, 6 décembre 2002, n° 249153). La décision du 17 juin 2026 vient préciser, pour la première fois de manière aussi explicite, les critères applicables à l'homologation d'un accord issu d'une médiation administrative.

Le Conseil d'État affirme que le juge exerce un véritable contrôle sur l'accord qui lui est soumis, quelle que soit la qualification retenue par les parties.

À ce titre, le juge vérifie en premier lieu que les parties avaient la capacité de contracter et que leur consentement a été librement exprimé.

Il contrôle ensuite que l'accord ne porte pas atteinte à des droits dont les parties n'ont pas la libre disposition et qu'il ne méconnaît aucune règle d'ordre public. Dans l'affaire soumise au Conseil d'État, ce contrôle conduit notamment la Haute juridiction à examiner le montant de l'indemnité versée par l'administration afin de s'assurer qu'elle ne constitue pas une libéralité, conformément aux principes gouvernant l'utilisation des deniers publics.

La décision enrichit également l'office du juge en précisant que celui-ci doit apprécier l'accord au regard des intérêts respectifs des parties, mais aussi de l'intérêt général. Celui-ci comprend notamment l'intérêt qui s'attache à mettre définitivement un terme au litige et à prévenir l'introduction de nouvelles procédures portant sur le même objet.

Par cette décision, le Conseil d'État confirme que la médiation constitue un mode de règlement des différends pleinement sécurisé, dès lors que l'accord conclu respecte les exigences tenant à la capacité des parties, à la licéité de son objet, au respect de l'ordre public et à la préservation de l'intérêt général.

Conclusion

Par cette décision du 17 juin 2026, le Conseil d'État fixe un cadre de référence clair pour l'homologation des accords issus d'une médiation administrative. En conciliant le développement des règlements amiables avec la protection des deniers publics et de l'intérêt général, il renforce la sécurité juridique de la médiation et conforte sa place comme un véritable outil de gestion des contentieux administratifs.

Tous nos articles

Votre veille juridique signée ADMYS

Nous suivons de près l’actualité juridique pour vous offrir un regard clair, précis et utile sur les changements qui impactent vos activités.

Blog Image

27.02.2026

Compétence administrative sur le contrat de cession d’un bien du domaine public au profit d’un autre domaine public

Il est ADMYS qu’« un contrat conclu entre deux personnes publiques revêt en principe un caractère administratif, sauf dans les cas où, eu égard à son objet, il ne fait naître entre les parties que des rapports de droit privé » (TC, 21 mars 1983, UAP, n°02256). Par sa décision du 16 février 2026, le Tribunal des conflits offre une application très concrète de ce principe.

Blog Image

17.10.2025

Eaux pluviales, mur de soutènement et compétence transférée : la chaîne de responsabilité en question

Il est ADMYS que le transfert de la compétence gestion des eaux pluviales (GEPU) implique la substitution du nouveau gestionnaire dans la responsabilité liée au réseau d’évacuation, y compris pour des faits antérieurs au transfert. La Cour administrative d’appel de Marseille (13 mai 2025, n°23MA01504) rappelle en outre que la circonstance qu’un mur soit implanté sur un terrain privé n’empêche pas sa qualification d’ouvrage public.

Blog Image

17.10.2025

Concours restreint : l’exception qui échappe au délai de standstill et ferme la voie du référé contractuel aux concurrents évincés

Il est désormais ADMYS que le moyen en vertu duquel l’acheteur ne respecte pas le délai de standstill auquel il s’est volontairement soumis dans le cadre d’une procédure de concours restreint, qui n’est pas une procédure formalisée au sens de l’article L.2124-1 du Code de la commande publique, n’est pas recevable au titre du référé contractuel.

Blog Image

17.07.2026

Quand la Cour de cassation s'invite dans les marchés publics

Il est ADMYS que la présence d'un marché public n'entraîne pas systématiquement la compétence du juge administratif. Par un arrêt publié au Bulletin le 25 juin 2026, la Cour de cassation rappelle que les litiges fondés sur l'exécution du contrat de groupement conclu entre les entreprises relèvent du juge judiciaire, dès lors qu'ils ne remettent pas en cause les décisions prises par le maître d'ouvrage public.

Blog Image

19.02.2026

Quand le contentieux du domaine privé échappe au juge judiciaire.

Il est ADMYS que la gestion du domaine privé d’une personne publique ne relève pas systématiquement du juge judiciaire : lorsqu’un tiers conteste la décision autorisant la conclusion d’une convention d’occupation, la compétence appartient au juge administratif.

Blog Image

18.12.2025

Même en cas de modification tardive du dossier de demande de permis de construire, le silence de l’administration sur la prorogation du délai d’instruction fait naître un permis tacite

Il est ADMYS qu’en cas de modification apportée par le pétitionnaire à sa demande de permis de construire juste avant l’expiration du délai d’instruction, un permis de construire tacite naît dès l’expiration du délai notifié dès lors que l’administration ne l’informe pas de la prorogation de ce délai. Par suite, la décision ultérieure refusant d’accorder le permis doit être regardée comme un retrait de ce permis tacite.

Blog Image

15.06.2026

Élection municipale : l’inéligibilité d’un entrepreneur de services municipaux peut-elle entraîner l’annulation de l’élection du maire ?

Il est ADMYS que l’éligibilité des candidats demeure une condition essentielle de la régularité des élections municipales. Par un jugement n°2603306 (non publié) du 22 mai 2026, le Tribunal administratif de Grenoble a annulé l’élection du maire de Val d’Isère après avoir constaté son inéligibilité en qualité d’entrepreneur de services municipaux.

Blog Image

31.03.2026

Légalité d’un refus de permis au sens de l’article L. 111-11 du Code de l’urbanisme, même en cas d’OAP prévoyant des VRD

Il est ADMYS que la seule définition, par une commune, d’une orientation d’aménagement et de programmation (OAP), y compris lorsqu’elle comporte un schéma d’aménagement précisant les caractéristiques des voies et espaces publics, ne suffit pas à manifester l’intention de la collectivité de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics pouvant justifier un refus de délivrance d’une autorisation d’urbanisme, au sens de l’article L. 111-11 du Code de l’urbanisme.

Blog Image

09.07.2026

Le déclassement ne fait pas la désaffectation

Il est ADMYS que le déclassement d'un bien du domaine public ne peut intervenir qu'après sa désaffectation effective. Par une décision du 6 juillet 2026 (n° 502005), le Conseil d'État rappelle avec force que le déclassement ne saurait, à lui seul, produire la désaffectation du bien. Cette décision sécurise les opérations de valorisation du domaine public en réaffirmant les conditions légales qui entourent les procédures de déclassement.

Blog Image

20.02.2026

La fermeture administrative des lieux de culte validée mais encadrée

Il est ADMYS que, dans le cadre de la fermeture administrative temporaire des lieux de culte prévu à l’article 36-3 de la loi du 9 décembre 1905, le préfet peut prendre en compte des éléments extérieurs au lieu de culte, à condition qu’ils présentent un lien suffisant avec celui-ci et que la mesure demeure nécessaire, adaptée et proportionnée.

Blog Image

09.03.2026

Phase de candidature : quand l’acheteur va trop loin, la censure est immédiate !

Il est ADMYS que l’acheteur public doit respecter strictement les règles applicables à la phase de candidature, notamment en matière de définition des conditions de sélection des candidats et de critères objectifs, sous peine d’annulation de la procédure de passation pour méconnaissance des obligations de mise en concurrence et de publicité.

Blog Image

27.01.2026

Zoom sur la création du statut de l'élu local

Il est ADMYS que la loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d'un statut de l'élu local marque une étape structurante dans la reconnaissance et la sécurisation de l’engagement des élus locaux.

Blog Image

29.07.2026

L'avocat prête-nom ? Le Conseil d'État dit non.

Il est ADMYS que les marchés portant sur des services juridiques de représentation en justice peuvent bénéficier de l'exception prévue par le Code de la commande publique, les dispensant des obligations de publicité et de mise en concurrence. Encore faut-il que leur objet principal soit effectivement la représentation légale assurée par un avocat.

Vous recherchez votre partenaire juridique ?

Notre équipe est à votre écoute pour répondre à vos besoins, sécuriser vos projets et proposer un accompagnement sur mesure. Définissons ensemble vos besoins de manière efficiente et sans engagement.

Project Image