La galette des rois trouve son origine dans les Saturnales de la Rome antique, au cours desquelles un convive était désigné « roi d’un jour » grâce à une fève dissimulée dans un gâteau, dans un esprit de convivialité et d’égalité temporaire. Cette tradition a ensuite été associée par le christianisme à la fête de l’Épiphanie célébrant la visite des Rois mages à l’enfant Jésus, avant de s’en détacher progressivement pour devenir, à l’époque moderne, une coutume populaire et gastronomique, largement sécularisée.
Pour apprécier si une galette des rois peut être partagée au sein d’un service public, il faut se référer à la jurisprudence du Conseil d’État relative aux crèches de Noël dans les bâtiments et espaces publics.
Le juge administratif a posé une grille d’analyse fondée sur le contexte, le lieu, les modalités de l’installation, et l’absence d’intention de reconnaissance ou de préférence religieuse.
Ainsi, une crèche peut être admise lorsqu’elle présente un caractère culturel, artistique ou festif, sans dimension cultuelle. Cette logique jurisprudentielle est pleinement transposable à la galette des rois :ce n’est pas l’objet en lui-même qui est prohibé, mais le sens qui lui est donné.
Dans les mairies, intercommunalités, établissements publics, hôpitaux, EHPAD ou administrations, la galette des rois peut donc êtreproposée si elle est clairement présentée comme un moment convivial ou culturel, et non comme une célébration religieuse.
Les conditions essentielles sont les suivantes :
- Absence de référence religieuse
Pas de présentation comme fête chrétienne
Aucune référence aux Rois mages, à Jésus ou à un récit biblique
- Finalité conviviale ou institutionnelle
Moment de cohésion interne
Valorisation des traditions populaires ou du savoir-faire artisanal
Temps comparable à d’autres moments festifs (vœux, goûters, pots de fin d’année)
- Neutralité des agents et élus
Aucun discours religieux
Aucune symbolique spirituelle associée à l’événement
- Respect de la liberté de conscience
Participation non obligatoire
Prise en compte des convictions et régimes alimentaires
Dans ce cadre, il n’y a ni reconnaissance ni promotion d’un culte, et donc pas d’atteinte au principe de laïcité.
L’exemple de l’Élysée illustre parfaitement cette distinction. Chaque année, une galette est bien servie, mais sans fève ni couronne. Ce choix n’est pas anodin : il vise à éviter toute symbolique monarchique ou religieuse, l’Élysée incarnant les institutions de la République.La galette y est ainsi réduite à ce qu’elle est juridiquement admissible : un moment convivial et gastronomique, valorisant le savoir-faire des artisans, sans message symbolique.
Conclusion
En définitive, organiser un moment autour de la galette dans un service public est juridiquement possible, dès lors que la neutralité, la liberté de conscience et l’égalité des usagers et agents sont pleinement respectées. Il est recommandé de désigner ce moment de partage sous l'appellation "Galette de la nouvelle année".

















.webp)